Leçon 11

Le théâtre a charge de représenter les mouvements de l’âme, de l’esprit, du monde, de l’histoire.
Ariane Mnouchkine

"Gros cochon"

Où l’on assiste à une petite révolution.

Talma en habit antique, XIXe siècle

Nous sommes en 1790. On s’apprête à jouer Brutus de Voltaire sur les planches de la Comédie-Française. Le public vient surtout voir Talma, le grand comédien : il paraît qu’il excelle dans la tragédie. Mais c’est la Révolution française, et Talma est avant tout un révolutionnaire dans l’âme. Il va donc tenter de chambouler les codes du théâtre…

Auparavant, les comédiens étaient habillés de leurs vêtements "de cour", avec des robes à paniers, de nombreuses décorations et des perruques. Tout cela, Voltaire s'en est débarrassé dans sa pièce L'Orphelin de la Chine. Talma s'inscrit dans cette révolution du costume de scène. En effet, il trouve tout cela fort ridicule, sans compter que les comédiens se ruinent pour avoir le plus beau costume !

Derrière le rideau, Talma veut tenter un "coup", mais n’est pas très rassuré. Sur les conseils de son ami le peintre David, il souhaite donner plus de réalisme au spectacle. Pour le personnage antique de Populus, il décide donc de jouer sans perruque, bras et jambes nus, en toge, exactement comme à l’époque romaine. Lorsqu’il paraît sur scène, c’est le scandale ! Louise Contat, une collègue de la Comédie-Française, ne partage pas ses engagements révolutionnaires. Outrée, elle le traite... de cochon. On ne révolutionne pas comme ça l’univers du costume !

Portrait de Louise Contat, 1786, pastels, Collection Privée