Leçon 16

Si vous êtes digne de son affection, un chat deviendra votre ami mais jamais votre esclave.
Théophile Gautier

"Croquettes pour tous !"

Où l’on apprend que des courtisanes peuvent miauler.

Utagawa Kuniyoshi, Les lutteurs de sumo, l'arbitre et le juge assis, vers 1840, estampe, Musée national d'Australie

La fête bat son plein dans la ville d’Edo (actuelle Tokyo). Aux portes des théâtres, la foule se presse pour acclamer les acteurs, courtisanes et sumos. Parmi les fêtards, le peintre Kuniyoshi se faufile pour s’imprégner de l’ambiance : son travail est de créer des affiches pour tous ces spectacles. Mais les réjouissances ne vont pas durer...

En 1842, le shogun décide de mettre de l’ordre dans ces mœurs trop dissolues à son goût. Kuniyoshi, avec ses portraits de courtisanes et d’acteurs, se retrouve dans son viseur… Censuré et arrêté, il n’est libéré qu’à la condition de ne plus représenter ses sujets favoris ! Mais l’artiste va trouver un petit stratagème…

Bien vite, Kuniyoshi se remet à peindre des acteurs. Comment fait-il pour ne pas être à nouveau condamné ? C’est bien simple, il transforme tout ce petit monde… en chats ! Les maisons closes, les théâtres et toutes ces scènes de la vie nocturne s’animent à nouveau dans ses affiches pleines d’humour. Et il n’a plus de problème avec la morale car ce sont désormais des félins qui s’encanaillent, et non des humains. C’est ce qu’on appelle retomber sur ses pattes comme… un chat !

Utagawa Kuniyoshi, Scène avec les chats, vers 1840, estampe